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SOS POUR SOEUR CECILIA GLORIA ENLEVEE AU MALI DEPUIS LE 7 FEVRIER 2017





L’ETAT DE SANTE DE SŒUR GLORIA NARVAEZ ARGOTE S’EST DETERIORE
 
Cela fait quatre ans et huit mois que sœur Gloria Narváez Argote, religieuse de la congrégation des sœurs franciscaines de Marie Immaculée a été enlevée à Karangasso, dans le sud du Mali. Selon sa congrégation, sa santé s’est détériorée à cause de ses conditions de détention.
 
La supérieure de la congrégation des sœurs franciscaines de Marie Immaculée Aylem Yela Romo a sonné l’alerte, dans un entretien accordé le 22 septembre à Radio Blu, une radio colombienne : l’état de santé de sœur Gloria Cecilia Narváez s’est détérioré dernièrement à cause de ses conditions de détention. La supérieure de cette congrégation a ajouté qu’elle espérait que le gouvernement colombien aiderait à la libération rapide de sa consœur.
 
La famille de sœur Gloria avait reçu et rendu publique en juin une lettre datée du 3 février que la religieuse avait adressée à son frère Edgar Narvez par le biais de la Croix-Rouge Internationale.
 
DETERIORATION DE SON ETAT DE SANTE
 
En juin, Edgar Narváez avait confié à la fondation pontificale Aise à Eglise en Detresse ( AED ) que la religieuse avait été ébranlée après la libération de l’otage française Sophie Pétronin avec qui elle avait noué une relation d’amitié. « Leur séparation a causé de grandes difficultés psychologiques et mentales à ma sœur, car elles avaient partagé quatre ans d’amitié », avait-elle expliqué.« Physiquement, elle est épuisée, très maigre, le visage hâlé par le soleil et le climat de la région du Mali, mais Dieu merci, elle va bien », avait aussi précisé Edgar Narváez.
 
Une mission internationale dirigée par la Colombie avait été envoyée au Mali pour faciliter la libération de sœur Gloria. Après le coup d’État du 24 mai, qui a poussé le président Bah Ndaw et son premier ministre Moctar Ouane à la démission, la mission a été suspendu
 
ENLEVEMENT
 
Sœur Gloria Cecilia Narváez a été enlevée le 7 février 2017, à Karangasso, dans le sud du Mali où elle était en mission depuis plus de 10 ans. Le groupe terroriste qui la détient actuellement est le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim) dirigé par Iyad Ag Ghali et qui sévit au Mali depuis 2017. Son ancienne codétenue, Sophie Pétronin libérée le 8 octobre 2020, avait donné des nouvelles de la religieuse colombienne de la congrégation des sœurs franciscaines de Marie Immaculée et demandé au président français Emmanuel Macron d’agir.
 
Sophie Pétronin avait aussi raconté qu’ensemble, elles avaient traversé de nombreux camps et partagé couvertures, nourriture et eau. Selon l’ex-otage, la religieuse avait été ligotée pendant trois jours parce qu’elle s’était perdue au cours d’une promenade.
 
La Croix Africa (avec Radio Blu)
 
Prions pour la soeur Cecilia Gloria afin que le Seigneur lui accorde un prompt rétablissement. Nous demandons humblement aux autorités Maliennes et à tous ceux qui ont un moyen de pression sur ses ravisseurs, de nous aider à faire libérer la soeur Gloria.

Mardi 31 aout 2021

DIALOGUE INTERRELIGIEUX : DECLARATION DE MAGNIFICAT DES CATHOLIQUES MALIENS DE France SUITE AUX PROPOS DU MINISTRE CHARGE DES AFFAIRES RELIGIEUSES ET DES CULTES.

LA LAICITE, UN BIEN COMMUN A DEFENDRE ET A PROTEGER

Depuis quelques années, la laïcité, dans notre pays, est en danger. Les actes djihadistes de 2012 et 2013 en ont été le prélude ; la guerre déclarée par les mêmes prétendus héraults de Dieu a poursuivi l’œuvre de sape d’un ciment essentiel de la société malienne. Est-ce consciemment ou non, les propos du Ministre des affaires religieuses et des cultes, sur un « Etat Islamique du Mali » lors de la rencontre avec les imams du pays, jettent une ombre inquiétante sur son avenir.

Des Maliens, à l’intérieur du pays et d’autres de la diaspora, réagissent régulièrement et interpellent, et les Maliens en général et les Gouvernants en particulier, sur le danger qui nous menace tous ! A toutes ces voix, nous tenons, nous, chrétiens maliens en France, à joindre la nôtre et dire notre très grande inquiétude.

Au fond, que signifie la laïcité aujourd’hui ? Certes, ce terme a une histoire, un passé et, souvent, il a été mal interprété. Ce qui nous importe, c’est sa signification pour nous aujourd’hui. Aujourd’hui, la laïcité signifie la reconnaissance de chacun dans sa foi, dans sa croyance ou sa non-croyance. C’est la tolérance qui est seule capable de favoriser le « vivre ensemble ». L’expérience des peuples et de toute l’humanité révèle que le totalitarisme idéologique ou religieux a été la source de trop de malheurs et souffrances sur notre terre, des guerres de religions à toutes les idéologies, y compris marxistes, dès qu’elles se prétendent uniques et détentrices de l’unique vérité à imposer au monde entier, pour le sauver de lui-même !

La laïcité est le choix raisonné pour une vie collective possible par la tolérance et la reconnaissance de chacun.

Nous, chrétiens maliens en France, attachés à notre pays où vivent nos parents et où nous voulons pouvoir retourner un jour, ou nos cendres et nos enfants, nous, parce que Maliens, comme tout autre, voulant le développement économique, social, moral et culturel de ce pays, nous demandons instamment aux pouvoirs publics de ne pas céder à la tentation de la démagogie, de ne pas céder au chantage de la vertu qu’incarnerait la charia dans la gouvernance de l’Etat. Nous ne sommes pas naïfs : la mal gouvernance politique et financière du pays n’est pas tolérable. Mais « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Devant la situation afghane, l’un de nos compatriotes s’est étonné : « Pourquoi les talibans ne sont-ils pas accueillis par des chants et des cris de liesse à leur arrivée à Kaboul ? » Sans doute parce que de nombreux Afghans se reconnaissent musulmans, mais certainement pas dans l’islam des talibans. De même, les Maliens sont majoritairement musulmans, mais le Mali n’est pas un Etat musulman. C’est l’un des premiers amalgames qu’il faut réfuter.

La laïcité sous-entend une bonne articulation de quatre éléments : la liberté de conscience (incluant la liberté de religion), l’égalité des droits sans condition religieuse (principe de non-discrimination), la séparation ou la neutralité de l’Etat face aux religions (son gouvernement est régi par d’autres règles que celles émanant d’une religion). L’application de ces règles constitue des garde-fous en faveur du respect de l’autre, de la « vie-ensemble », tout simplement de la fraternité, en somme de la solidarité nationale.

Avec la laïcité, les croyants sont invités à vivre avec d’autres croyants qui ne croient pas comme eux, qui ne vivent pas les valeurs religieuses comme eux. La laïcité permet à chacune, à chacun, de tenir compte de l’autre et de tous, pour vivre en paix, dans l’harmonie, le respect, dans la même République, dans le même pays, avec la même égalité.

Les musulmans peuvent avoir diverses interprétations du texte du Coran ; il en va de même pour les chrétiens ou les adeptes des religions des ancêtres pour leurs textes ou traditions. Cependant, chacun de nous est invité, au nom de la laïcité, à ne pas céder aux tendances dominatrices, celles qui confisquent la liberté des autres, pas même « au nom de son Dieu », aussi Unique soit-il !  

Aussi, pour être « Un Peuple, un But, une Foi », les Maliens se doivent de respecter et de défendre cette disposition très simple des différentes constitutions ayant régi NOTRE pays : « Le Mali est une république… laïque » ( art. 1er constitution de la République soudanaise du 29 janvier 1959 ; art. 1er de la constitution de la République du Mali du 22 septembre 1960 ; art. 1er de l’Ordonnance du CMLN du 28 novembre 1968, art. 1er de la constitution de la République du Mali du 1er juillet 1974 et art. 25 de la constitution de la République du Mali du 25 février 1992). Une telle constance est la preuve d’une certaine sagesse.

Guillaume Diallo, Eloi Diarra et Pierre Diarra, au nom de l’association Magnificat des Catholiques Maliens de France


SAMEDI 28 AOUT 2021

RENCONTRE D’URGENCE DES CHEFS RELIGIEUX DU MALI

Chers (ères) collègues,

Par ce message nous vous informons que les principaux responsables des institutions religieuses du Mali se sont réunis ce jour 28 août 2021 à la résidence de Cherif Ousmane Madani Haidara à Sébeninkoro. La rencontre a été organisée sur l’initiative de l’imam Mahmoud Dicko, Président du Centre (CIMD) qui porte son nom. La rencontre a rassemblé les principales autorités religieuses du pays á savoir :

– le Cherif Ousmane Madani Haidara, Président du Haut Conseil Islamique du Mali ( HCI);

l’Imam Mahmoud Dicko, Président du CIMD;

– le Cardinal Jean Zerbo, Archevêque metropolitan de Bamako,

– le Reverend Nouh Ah Infa Yattara, délégué général de l’Association des groupements d’églises et missions protestantes évangéliques du Mali (AGEMPEM).

La facilitation a été assuré par votre serviteur : Boubacar Ba, Coordinateur scientifique du CIMD. Etaient présents en tant qu’assistants de ces autorités religieuses :

– Maki Ba (HCI);

– Moufa Haidara (HCI);

– Thierno Hady Tall (HCI);

– Abbe Alexandre Denou;

– Djibril Kalane Toure (AGEMPEM);

– Daniel Thera (AGEMPEM);

– Sorry Maiga (CIMD);

Abdoulaye Sissoko ( CIMD).

Les représentants des familles fondatrices de Bamako (Niare, Toure, Drave) ont été préalablement informés hier soir et ont donné leur accord et leur bénédiction à cette importante rencontre.

Les principaux leaders religieux se sont penchés sur la paix et sur le sursaut national face à la crise multidimensionnelle que traverse le Mali. Le temps est venu de rompre avec le silence et faire date avec l’histoire du Mali. Ils se sont mobilisés tous pour aider à stopper l’hémorragie actuelle marquée par les différentes crises graves qui secouent le Mali et l’Etat- nation. Après trois (03) heures de discussions franches et pertinentes les principales ont porté sur les points suivants :

  1. Lancer un appel pour un sursaut national pour mobiliser les maliens et maliennes en vue de mettre un terme aux malentendus, antagonismes et confits qui assaillent le pays. L’appel sera lancé par les principaux leaders religieux dans les deux jours à venir ;

       2. Produire et diffuser un mémorandum des autorités religieuses, coutumières et   traditionnelles en faveur de la paix et le sursaut national

la semaine prochaine;

  • Amorcer dans les jours à venir un plaidoyer pour la paix et la réconciliation auprès des gouvernants et acteurs sociaux, des acteurs armés en belligérance et de la communauté internationale ;

         4. Organiser une journée de prière pour le retour de la paix au Mali dans les jours à venir.

En définitive les autorités religieuses et traditionnelles ont décidé de s’engager ensemble et parler de la nième voix pur faire face au péril qui guette le pays et demander le sursaut national. C’est une mission de haute portée patriotique. C’est une belle page de l’histoire du Mali qui va s’ouvrir. Comme l’a dit Martin Buber, cité par Andrea Riccardi dans son livre interview intitulé « Tout peut changer » les Editions du Cerf, 2009 :  » la responsabilité de chaque homme est une sphère infinie. L’homme se meut, il parle, il regarde, et chacun de ses mouvements, chacune de ses paroles, chacun de ses regards transforme le devenir du monde, sans qu’il sache la force et l’amplitude de ce mouvement. De tout son être et de tout son agir, chaque homme détermine le destin du monde dans une mesure qui lui est inconnue, à lui et à tous les autres ». Les jours à venir nous édifieront si les solutions envisagées seront une chirurgie d’espoir de paix pour chacun de nous. C’est l’espoir de votre serviteur qui y croit que c’est encore possible si on s’y met à temps pour le Mali. Ci- dessous quelques photos de la rencontre.

Cordialement.

Boubacar Ba

Coordinateur scientifique du Centre CIMD

Bamako-Mali

Téléphone: (00223) 74184581

Email : boubacarba825@gmail.com


AUDIENCE GÉNÉRALE DU PAPE FRANCOIS

Salle Paul VI
Mercredi 25 août 2021

Frères et sœurs, bonjour !

La Lettre aux Galates rapporte un fait plutôt surprenant. Comme nous l’avons entendu, Paul dit qu’il a réprimandé Céphas, c’est-à-dire Pierre, devant la communauté d’Antioche, parce que son comportement n’était pas bon. Que s’était-il passé de si grave au point d’obliger Paul à s’adresser en termes durs même à Pierre ? Peut-être Paul a-t-il exagéré, a-t-il trop laissé place à son caractère sans savoir se retenir ? Nous verrons qu’il n’en est pas ainsi, mais qu’une fois encore la relation entre la Loi et la liberté est en jeu. Et nous devons revenir sur cela de nombreuses fois.

En écrivant aux Galates, Paul mentionne de manière voulue cet épisode qui s’était passé à Antioche des années auparavant. Il entend rappeler aux chrétiens de ces communautés qu’ils ne doivent absolument pas écouter ceux qui prêchent la nécessité de se faire circoncire et donc tomber « sous la Loi » avec toutes se prescriptions. Rappelons que ce sont ces prédicateurs fondamentalistes qui sont arrivés là-bas et qui ont créé de la confusion, et ils ont également ôté la paix à cette communauté.  L’objet de la critique à l’égard de Pierre était son comportement dans la participation à table. La Loi interdisait à un juif de prendre ses repas avec les non juifs. Mais Pierre lui-même, dans une autre circonstance, était allé à Césarée dans la maison du centurion Corneille, tout en sachant qu’il transgressait la Loi. Il affirma alors : « Mais Dieu vient de me montrer, à moi, qu’il ne faut appeler aucun homme souillé ou impur » (Ac 10, 28). Une fois rentré à Jérusalem, les chrétiens circoncis fidèles à la Loi mosaïque réprimandèrent Pierre pour son comportement, mais il se justifia en disant : « Je me suis alors rappelé cette parole du Seigneur : Jean, disait-il, a baptisé avec de l’eau mais vous, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint.   Si donc Dieu leur a accordé le même don qu’à nous, pour avoir cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour faire obstacle à Dieu ?» (Ac 11,16-17). Rappelons que l’Esprit Saint est venu à ce moment-là dans la maison de Corneille quand Pierre est allé là-bas.

Un fait semblable était arrivé également à Antioche en présence de Paul. Auparavant, Pierre était à table sans aucune difficulté avec les chrétiens venus du paganisme ; mais quand plusieurs chrétiens circoncis de Jérusalem – ceux qui venaient du judaïsme – arrivèrent en ville, alors il ne le fit plus, pour ne pas subir leurs critiques. Et c’est l’erreur : il faisait davantage attention aux critiques, à faire bonne figure. Et cela est grave aux yeux de Paul, également parce que Pierre était imité par d’autres disciples, le premier d’entre eux Barnabé, qui avec Paul avait précisément évangélisé les Galates (cf. Ga 2,13). Sans le vouloir, Pierre, avec cette façon de faire – un peu comme ci, un peu comme ça… sans clarté sans transparence – créait de fait une division injuste au sein de la communauté : « Je suis pur… je suis cette ligne, je dois faire ainsi, on ne peut pas faire cela…».

Paul, dans son reproche – et le cœur du problème est là –, utilise un terme qui permet d’entrer dans le vif de sa réaction : hypocrisie (cf. Ga 2,13). C’est un mot qui reviendra de nombreuses fois : hypocrisie. Je crois que nous comprenons tous ce que cela signifie. L’observation de la Loi de la part des chrétiens conduisait à ce comportement hypocrite, que l’apôtre entend combattre avec force et conviction. Paul était droit, il avait ses défauts – beaucoup, son caractère était terrible – , mais il était droit.   Qu’est-ce que l’hypocrisie ? Quand nous disons : faites attention à celui-ci qui est un hypocrite : que voulons-nous dire ? Qu’est-ce que l’hypocrisie ? On peut dire que c’est la peur de la vérité. L’hypocrite a peur de la vérité. On préfère faire semblant plutôt qu’être soi-même. C’est comme maquiller son âme, comme maquiller ses attitudes, comme maquiller ses façons de faire : ce n’est pas la vérité : « J’ai peur d’aller de l’avant comme je suis et je me maquille avec ces attitudes ».    Et la dissimulation empêche d’avoir le courage de dire ouvertement la vérité et on se soustrait ainsi facilement à l’obligation de la dire toujours, partout et malgré tout. Et la dissimulation te conduit à cela : aux demi-vérités. Et les demi-vérités sont une fiction : parce que la vérité est vérité ou n’est pas la vérité. Mais les demi-vérités sont cette manière d’agir qui n’est pas vraie. On préfère, comme je l’ai dit, feindre plutôt que d’être soi-même, et la dissimulation empêche ce courage de dire ouvertement la vérité. Et on se soustrait ainsi à l’obligation – et c’est un commandement – de dire toujours la vérité, de la dire partout et de la dire malgré tout.  Et dans un milieu où les relations interpersonnelles sont vécues à l’enseigne du formalisme, le virus de l’hypocrisie se diffuse facilement. Ce sourire qui ne vient pas du cœur, cette recherche pour être en bon termes avec tout le monde, mais avec personne… 

Dans la Bible, on trouve divers exemples dans lesquels on combat l’hypocrisie. Un beau témoignage pour combattre l’hypocrisie est celui du vieil Eléazar, à qui l’on demandait de faire semblant de manger la chair sacrifiée aux divinités païennes pour pouvoir sauver sa vie : faire semblant de la manger, mais il ne la mangeait pas. Ou faire semblant de manger de la viande de porc, mais ses amis lui en avaient préparé une autre. Mais cet homme qui craint Dieu répondit : « A notre âge, ajouta-t-il, il ne convient pas de feindre, de peur que nombre de jeunes, persuadés qu’Eléazar aurait embrassé à 90 ans les mœurs des étrangers, ne s’égarent eux aussi, à cause de moi et de ma dissimulation, et cela pour un tout petit reste de vie. J’attirerais ainsi sur ma vieillesse souillure et déshonneur » (2 Mac 6, 24-25). Honnête : il n’emprunte pas la voie de l’hypocrisie. Quelle belle page sur laquelle réfléchir pour s’éloigner de l’hypocrisie ! Les Evangiles rapportent eux aussi diverses situations dans lesquelles Jésus réprimande fortement ceux qui apparaissent comme des justes de l’extérieur, mais qui sont pleins de fausseté et d’iniquité en eux (cf. Mt 23,13-29). Si vous avez un peu de temps aujourd’hui, prenez le chapitre 23 de l’Evangile de saint Matthieu et voyez combien de fois Jésus dit: «Hypocrites, hypocrites, hypocrites», et il révèle ce qu’est l’hypocrisie.

L’hypocrite est une personne qui fait semblant, qui flatte et qui trompe car elle vit avec un masque sur le visage, et elle n’a pas le courage de se confronter à la vérité. C’est pourquoi elle n’est pas capable d’aimer vraiment – un hypocrite ne sait pas aimer – elle se limite à vivre d’égoïsme et n’a pas la force de montrer son cœur en transparence. Il y a de nombreuses situations dans lesquelles l’hypocrisie peut avoir lieu. Elle se cache souvent dans les lieux de travail, où l’on cherche à paraître amis avec les collègues, alors que la compétition conduit à les frapper dans le dos. Dans la politique, il n’est pas inhabituel de trouver des hypocrites qui vivent un dédoublement entre leur vie publique et privée. L’hypocrisie dans l’Eglise est particulièrement détestable, et malheureusement l’hypocrisie existe dans l’Eglise, et il y a de nombreux chrétiens et de nombreux ministres hypocrites. Nous ne devrions jamais oublier les paroles du Seigneur : « Que votre langage soit : « Oui? oui », « Non? non »: ce qu’on dit de plus vient du Mauvais» (Mt 5, 37). Frères et sœurs, pensons aujourd’hui à ce que Paul condamne et que Jésus condamne : l’hypocrisie. Et n’ayons pas peur d’être véridiques, de dire la vérité, de sentir la vérité, de nous conformer à la vérité. Un hypocrite ne sait pas aimer.  Agir autrement que dans la vérité signifie mettre en danger l’unité au sein de l’Eglise, celle pour laquelle le Seigneur lui-même a prié.

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